La carte des routes et des royaumes

Carte de Piri Reis

La fabrication de « la carte des routes et des royaumes » est l’entreprise pharaonique que veut mener une famille royale despotique. C’est la tentative de connaître les moindres recoins du globe terrestre, d’en recenser les richesses de tous types et ce faisant d’asseoir son pouvoir sur les peuples gouvernés. Le projet vise à réaliser une huitième merveille du monde. Des cartographes doivent s’acquitter de la tâche. Sillonnant les terres, ils procèdent à des relevés exhaustifs, de gré ou de force, car ils entendent faire respecter l’autorité. En entrant en contact, en dialoguant malgré tout, les habitant·es et les cartographes découvrent peu à peu qu’ils sont les victimes de la même tyrannie. Leurs vies sont piétinées par les rêves démesurés de l’oligarchie, et l’envie d’agir collectivement va germer sur la place publique. Le peuple va chercher à se constituer en communauté résistante. Une idée est lancée, qui saperait le pouvoir en place et permettrait de recouvrer une emprise sur les destins. Il s’agirait de falsifier la carte des routes et des royaumes. La question morale qui anime la pièce, c’est celle de la désobéissance. Elle s’adosse à un espoir : qu’il est possible pour le peuple de reprendre le pouvoir, et que le mouvement social gagne enfin.

Une commande du théâtre du Pélican, centre de création et d’éducation artistique pour l’adolescence et la jeunesse. Dans le cadre du cycle « Jeunesse et philosophie » auquel neuf auteurs et autrices prennent part en 2017-2020.
Création début mai 2018 par le théâtre du Pélican à Clermont-Ferrand. Mise en scène : Jean-Claude Gal & Marielle Coubaillon. Univers chorégraphique Françoise Trognée, univers musical Jean-Louis Bettarel, scénographie François Jourfier, lumières Catherine Reverseau. Plus de 30 adolescent·es au plateau, de l’agglomération clermontoise et de toute l’Auvergne, des étudiant·es d’ici ou d’ailleurs, de jeunes migrant·es…

L’écriture de la pièce a été accompagnée par le collectif À mots découverts et elle figure dans sa « sélection officielle » pour 2019-2020 :

« Une fable chorale et poétique hors du temps, écrite à la manière des manuscrits enluminés, pour raconter l’éternelle instrumentalisation des peuples et notre soif de liberté ».

Mise en scène au printemps 2020 par Filippo De Dominicis (conservatoire de l’Aveyron à Rodez) à l’occasion de La cour aux ados ; mise en scène au printemps 2020 par Flora Diguet et Gaël Le Guillou-Castel (théâtre du Cercle à Rennes) à l’occasion du Festival des créations amateures ; projet de création et médiation interculturelle avec une troupe d’acteurs et actrices avec ou sans handicap visuel, non-professionnel·les du théâtre, par Nolwenn Le Tallec (les Ateliers du monde à Toulouse).